Venus de Ploudalmézeau, à la pointe du Finistère, Simone et Pierre Mallégol ont parcouru 250 kilomètres pour écouter François Bayrou. "On avait envie de voir le bonhomme. Il a des choses à dire, et puis, je crois qu'il est temps de changer", explique Simone, 65 ans, ancienne infirmière. "Les difficultés que traverse le pays ne peuvent pas se résoudre dans une confrontation droite-gauche. Les choses sont bien plus complexes. Bayrou l'a compris, et il a eu le courage de couper les ponts avec la droite", renchérit Pierre, 66 ans, qui fut professeur des écoles. Casquette orange - la couleur affichée de manière omniprésente par l'UDF, qui distribue des mandarines dans ses meetings - vissée sur la tête, les deux retraités croient à la victoire finale de leur favori. Et ils imaginent déjà la suite. "En France, le centre est le supplétif de la droite. Demain, il pourrait devenir l'axe majeur de la politique, en gouvernant selon le cas avec la droite ou la gauche", envisage Pierre."Avec l'élection de François Bayrou, tout le monde pourrait vraiment se mettre au travail pour sortir le pays de l'impasse. Dans cette société où l'on court après le fric, il faudrait que l'être devienne plus important que l'avoir", ajoute Mme Mallégol. Et si leur candidat était éliminé du second tour ? Le couple a déjà fait son choix. "A défaut, on votera à gauche, répondent-ils en choeur. Pas question de soutenir Sarkozy, il est trop autoritaire."
"L'ALTERNANCE GAUCHE-DROITE A FINI PAR LASSER"
Il y a cinq ans, se souvient Gérard Legrand, 64 ans, l'UDF était un champ de ruines. "J'ai assisté à la grande débandade de nos élus vers l'UMP et je m'en suis senti blessé, frustré. François Bayrou est venu nous voir en Bretagne, et son message était clair ; il fallait repartir de zéro, tout était à reconstruire."
Aujourd'hui, se réjouit-il, en désignant la file qui se déploie à l'entrée du Parc des expositions de Rennes où le candidat tient une réunion publique, le vent a tourné. "L'alternance gauche-droite a fini par lasser beaucoup de monde. C'est même devenu une banalité de le dire", assure cet ancien professeur d'éducation physique, qui fut aussi kinésithérapeute et précise qu'il n'a "jamais été tenté par la gauche".
"Dans ma vie professionnelle, poursuit-il, j'ai travaillé avec des fonctionnaires, mais aussi avec des gens du secteur libéral ; ces deux mondes qui ont longtemps voulu s'ignorer cherchent, on le sent bien, à se rejoindre. Il faut que les politiques comprennent que ces temps sont révolus."
Ce 27 mars, Gérard Legrand est arrivé au meeting de François Bayrou avec un grand drapeau européen. "Pourquoi faire une obsession du drapeau français ?", s'agace ce conseiller municipal de Dinard (Ille-et-Vilaine). "Plus on ira vers l'Europe et plus on aura besoin de puiser dans ses racines régionales", conclut-il avant de prendre congé en lançant un sonore "kenavo" ("salut !", en breton).
M. BAYROU, "UN HOMME RESPONSABLE AVEC UN PROGRAMME RESPONSABLE"
L'un vient de la droite, l'autre est issue de la gauche. Ils se retrouveront à la tribune, aux côtés de François Bayrou, parmi le "groupe de jeunes supporteurs" qui entourera le candidat. Sébastien Châble, 19 ans, étudiant en première année à Sciences Po Rennes, dit avoir "enfin trouvé le centre" comme d'autres diraient avoir découvert leur vocation. "Au début, j'ai été impressionné par le dynamisme de Nicolas Sarkozy, mais je n'aime pas son côté thatchérien, cette façon d'opposer ceux qui ont du travail à ceux qui n'en ont pas, de ne s'en remettre qu'à la responsabilité individuelle." Il y a autre chose qui déplaît à ce sage jeune homme : "Le manque de cohérence de l'UMP, qui rassemble sous le même toit proeuropéens et souverainistes." Au contraire, il voit M. Bayrou "comme un homme responsable avec un programme responsable". Sophie Le Corronc, 30 ans, qui a "voté à gauche" en 2002, n'a été " séduite ni par les propositions ni par la personnalité de la candidate socialiste". Elle dit cela presque à regret. Etudiante en comptabilité, Sophie a été marquée par son passage dans plusieurs PME. "François Bayrou a bien raison de réserver les exonérations de charges à ces entreprises plutôt qu'aux grands groupes", martèle la jeune femme, qui admet "s'être posé des questions à propos du personnage". Sur Internet, Sophie a longuement passé en revue les interventions du candidat. "Maintenant, assure-t-elle, je crois en lui. C'est intuitif."
Commentaires
Sujet: Blog !
Bonjour, j'ai créé un blog bayrouiste. Si vous pouviez y jeter un coup d'oeil et me mettre un lien sur votre blog ce serait sympa, je vous rendrais bien entendu la politesse !
http://revolution-orange.over-blog.com
Ecrit par : Aurélie CHampion | 31.03.2007
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